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Eugénie, marraine de cœur d’Albert Ier

L’autre alliance

Le prince héréditaire Albert, fils de Charles III, est âgé de vingt ans lorsqu’il fait la connaissance, en juin 1869, de Napoléon III et d’Eugénie. Le jeune homme suscite immédiatement la sympathie du couple et, dans les jours qui suivent, assiste à plusieurs réceptions aux Tuileries. Il y rencontre une jeune femme affiliée à la maison de Bade, Marie-Victoire Douglas-Hamilton, petite-fille de Stéphanie de Beauharnais et parente deNapoléon III. D’abord promise à son cousin le prince Frédéric de Hohenzollern, elle vient de rompre ses fiançailles. L’alliance projetée nesatisfaisait ni l’empereur, ni l’impératrice, qui se sont empressés de lui proposer un nouveau parti en la personne du prince Albert.

Les deux jeunes gens multiplient les entrevues, facilitées par le couple impérial, et, le 18 septembre 1869, le contrat de mariage est signé à Saint-Cloud, dans le cabinet de l’empereur, en sa présence et en celle d’Eugénie. Le mariage religieux a lieu au château de Marchais, résidence des princes de Monaco dans l’Aisne, le 21 septembre, et donne lieu à de grandes festivités. Eugénie ne peut assister à la cérémonie, mais laisse une parure de diamants et de saphirs dans la corbeille de la mariée. Quant à l’empereur, il est représenté par son grand chambellan, Napoléon Maret, duc de Bassano.

L’union est un échec, qui se solde rapidement par une séparation de corps. Le prince Albert cherche à obtenir une médiation de Leurs Majestés, mais, en 1870, le chef d’État a d’autre préoccupations. L’annulation du mariage n’est obtenue qu’en 1880, et l’enfant du couple, Louis, né le 12 juillet 1870, ne fera la connaissance de son père qu’à l’âge de dix ans.

Stéphanie de Beauharnais

Stéphanie de Beauharnais (1789-1860), cousine de Joséphine, est adoptée par Napoléon Ier en mars 1806. Le mois d’avril suivant, l’empereur luifait épouser le grand-duc Charles II de Bade afin d’étendre son influence en Allemagne. Devenue princesse impériale et grande-duchesse, elle est l’un des personnages en vue de la cour et y tient parfaitement son rang.

De ce mariage, pourtant malheureux, naissent cinq enfants. Veuve en 1818, Stéphanie se consacre à sa famille et aux œuvres sociales. Restée proche des Bonaparte et respectée pour son élégance et sa dignité, elle mène une vie discrète après la chute de l’Empire.

C’est l’enfant de la dernière-née de Stéphanie, Marie-Amélie (1817-1888), et du duc de Hamilton William Douglas (1811-1863), qui épouse le prince héréditaire Albert de Monaco en 1869.

Eugénie, femme brisée

Après la mort de Napoléon III en 1873 et la perte tragique de son fils en 1879, Eugénie, exilée en Angleterre, s’installe à Farnborough Hill dans leHampshire.

Habituée du Cap-Martin, sur la Côte d’Azur, elle s’y fait construire, à partir de 1892, la villa Cyrnos. Digne malgré le deuil, entourée de souvenirs et d’amis fidèles, parmi lesquels le prince Albert Ier de Monaco, elle mène une vie discrète, entre voyages et recueillement. Elle accueille des intellectuels et des grand aristocrates européens, tout en soutenant des œuvres caritatives.

Continuant à manifester une grande curiosité politique et savante, elle s’éteint en 1920, à quatre- vingt-quatorze ans, après avoir vu la chute desempires européens et la fin d’un monde dont elle avait été actrice. Quelques mois auparavant, elle apparaissait encore au prince Albert de Monaco « offrir au monde une capacité intellectuelle et une conservation physiologique absolument extraordinaires ».