Un héritier monégasque ambitieux
En 1848, la Principauté de Monaco n’échappe pas au grand mouvement européen du Printemps des peuples. Aspirant à des réformes libérales, lesdeux communes de Menton et de Roquebrune font sécession et se déclarent « villes libres » pour rejoindre le mouvement de l’unité italienne. Le prince régnant, Florestan Ier, s’efface derrière son épouse, la princesse Caroline (1793-1879), et leur fils Charles, qui l’aident à maintenir son petit État, désormais réduit de près des neuf dixièmes.
Le prince héréditaire, qui porte le titre de duc de Valentinois, est un jeune homme ambitieux, qui fréquente les salons aristocratiques et les cerclesde pouvoirs à Paris. Conservateur et pragmatique, il se réjouit du rétablissement de l’Empire et s’insère dans la nouvelle cour, en particulier lors des réceptions au château des Tuileries.
Avec son épouse Antoinette de Mérode, il tisse de vraies relations d’estime et d’affection avec Napoléon III et Eugénie. Ces mondanités lui permettent de s’affirmer et de se faire reconnaître comme membre d’une famille souveraine, mais aussi de gagner le régime à sa cause dans le conflit qui l’oppose aux sécessionnistes mentonnais.
La fête impériale
Les fêtes impériales de Napoléon III éblouissent par leur faste et leur élégance. Aux Tuileries, à Fontainebleau ou à Compiègne, l’empereur et sonépouse l’impératrice Eugénie invitent artistes, diplomates et autres représentants de l’élite, à des bals somptueux, des dîners raffinés et des spectacles féériques. Orchestres, feux d’artifice et illuminations émerveillent les invités, tandis que l’étiquette allie grandeur et convivialité. Ces festivités, vitrines du régime, affirment le prestige impérial et séduisent l’aristocratie européenne.