Skip to content Skip to footer

Monte-Carlo, un prolongement du Second Empire

Un prince savant

Albert Ier de Monaco (1848-1922), surnommé le « prince savant », développe dans sa jeunesse une passion pour la mer et les sciences. Formé dans la marine royale espagnole, il insiste auprès de l’impératrice Eugénie, en juillet 1870, pour prendre part aux combats contre la Prusse au sein de la flotte française.

Après la chute du Second Empire, il commence des excursions maritimes en Méditerranée. Au milieu des années 1880, ces expéditions prennentun tournant scientifique et océanographique et s’étendent à l’Océan atlantique. Elles se poursuivent pendant près de trois décennies, au cours desquelles le prince étudie en particulier les courants, les fonds marins et la faune océanique.

Il accède au trône en 1889 et s’efforce, dès lors, de moderniser la principauté sur les plans politique et économique, tout en lui donnant une nouvelle dimension culturelle et savante. Il fonde à Monaco un Musée océanographique (inauguré en 1910), qui rassemble les souvenirs de ses campagnes, et à Paris un Institut océanographique (1906). Humaniste, il prend parti pour le capitaine Dreyfus et milite pour la paix et pour l’essor de l’arbitrage international.

Une nouvelle capitale des sciences et des arts

Le renom scientifique de la Principauté, incarné par le prince Albert Ier s’accompagne d’un formidable rayonnement culturel.

Le Théâtre lyrique de Monte-Carlo, construit selon les plans de Charles Garnier, architecte de l’opéra de Paris voulu par Napoléon III, est inauguré en 1879. À partir de 1892, son directeur, Raoul Gunsbourg, fait de Monaco l’un des phares de la vie lyrique européenne. S’appuyant sur les plus grands artistes, il présente des créations mondiales dans des mises en scène exigeantes et des décors somptueux qui attirent une élite de mélomanes et de critiques exigeants. On y joue Brahms, Wagner, Gounod, Strauss, Liszt, Debussy, Bizet ou Moussorgski. À partir de 1911, Gunsbourg accueille les Ballets russes et Serge Diaghilev crée à Monte-Carlo Le Spectre de la Rose, de Berlioz, Petrouchka, de Stravinski, en 1912, et Daphnis et Chloé, de Ravel, en 1914.

Le dynamisme de la Principauté s’exprime aussi par le foisonnement de sa saison théâtrale, ses fêtes, ses expositions artistiques et florales, ses conférences et congrès internationaux. Il s’accompagne du développement de la pratique des sports : tir au pigeon, tennis, natation, concours de canots automobiles ou d’hydroaéroplanes. En janvier 1902, l’impératrice Eugénie se rend à Monaco pour visiter le hangar d’Alberto Santos- Dumont, pionnier de l’aviation et concepteur d’un dirigeable qu’il expérimente au-dessus de la baie. À la Belle Époque, Monaco est devenu unecapitale culturelle européenne, un « petit Paris ».