Une rencontre impromptue
Après trois cent jours d’exil sur l’île d’Elbe, Napoléon tente un retour en France pour reprendre le trône qu’il avait laissé un an plus tôt. Avec sa petite armée de huit cents hommes, il débarque à Golfe-Juan le 1er mars 1815. Ses chances de réussite sont minces tant il compte d’ennemis sur le sol français.
Au cœur de cette aventure, il fait une rencontre totalement inattendue, celle du prince héréditaire de Monaco, Honoré (1778-1841), qui l’avait autrefois servi. Venant de Paris, le prince voyage vers Monaco pour retrouver lui aussi le trône, perdu par sa famille en 1793, et que la Première Restauration lui a rendu. En arrivant près de Cannes, il est arrêté par les soldats de Napoléon puis conduit au bivouac de l’empereur sur la plage.


Les deux hommes s’entretiennent un long moment avant de reprendre chacun leur chemin. Le prince rentre dans ses états tandis que l’empereur prend la route des Alpes. Ils se séparent alors pour deux destinées bien différentes. Vingt jours plus tard, Napoléon est de retour aux Tuileries. En juin, il connaît la défaite à Waterloo, puis, en août, prend le chemin de l’exil à Sainte-Hélène. Quant à Honoré et sa famille, leur restauration est le point de départ d’une nouvelle page de l’histoire de la Principauté.
La légende de Dumas
Dans Une Année à Florence, paru en 1841, Alexandre Dumas raconte la rencontre entre Napoléon Ier et Honoré V de Monaco.
Mais le récit des événements revu par la plume du romancier gêne le prince. Selon Dumas, Napoléon aurait invité Honoré à le suivre, et le prince aurait décliné la proposition, avant que les deux hommes ne rentrent « chez eux ». Quand Honoré découvre cette version, il réplique à l’écrivain que l’empereur ne lui a jamais proposé de l’accompagner.
La légende l’emportant souvent sur l’histoire, c’est la version de Dumas qui devient la plus connue. On ne saura jamais, hélas, ce que les deux hommes se sont vraiment dit au cours de cette nuit du 1er au 2 mars 1815.